En partenariat avec La Ligue des Droits de l’Homme, section Forbach Moselle-Est, les trois universités populaires mosellanes accueilleront trois conférences cet automne. Elles seront présentées par Charles ROEDERER, membre du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme
SARREBOURG
THEME: La laïcité en France et en Moselle en 2009
Entièrement définie par la loi de 1905, la laïcité à la française consiste essentiellement à inscrire dans l’ordre du politique et de l’organisation de la société une liberté affirmée en 1789 : la liberté absolue de conscience. La République est indépendante des cultes, qui n’ont pas à intervenir de quelque façon que ce soit dans la conduite des affaires, mais à contrario la République est garante du libre exercice des cultes.
C’est une loi d’équilibre, qui donne à chacun le droit de vivre sa vie comme bon lui semble, dans le respect d’une règle commune dont la valeur est supérieure aux règles qui peuvent exister dans sa communauté d’appartenance : c’est ce que nous appelons la République – Une société qui offre à chacun la possibilité d’un choix qui dépasse les adhésions philosophiques ou spirituelles, à l’opposé des institutions qui affirment leur vérité comme seule explication de la vie et du monde.
C’est là que l’extension au delà du seul domaine religieux trouve sa place : la vraie portée de la laïcité, c’est l’égalité des droits ; un combat civique et social fondé sur l’égalité des droits de tous les citoyens, l’égal accès de tous au savoir et aux fonctions, le refus de toute discrimination qu’elle soit religieuse, mais aussi ethnique, d’origine, de sexe, d’âge, de condition sociale, voire d’orientation sexuelle…Sans cette égalité des droits, la laïcité n’est qu’un concept abstrait dénué d’effectivité : malheureusement la plus longue partie du chemin reste à faire dans cette voie.
L’histoire, telle qu’elle s’est déroulée depuis les origines de la chrétienté, permet d’expliciter le contenu de cette laïcité, et comment ses divers éléments se sont imposés à l’esprit, même si des grands pans de l’opinion ont encore demandé plusieurs décennies pour l’admettre. Cette laïcité établie par la loi de 1905 constitue une valeur d’intégration et non d’exclusion, et comme une valeur d’émancipation : on ne peut pas combattre une religion, quelle qu’elle soit, au nom de la laïcité.
Cent ans après la loi de 1905, la laïcité reste au cœur de cet esprit républicain, mais son application nous pose des problèmes nouveaux : au-delà même du cas spécifique de l’Alsace Moselle et de son régime hybride, que devient-elle face à un Islam devenue la deuxième religion la plus répandue en France, et que devient-elle face à la construction européenne ? Deux questions auxquelles cet exposé tente de répondre.
Lieu : Centre socio-culturel Malleray, Sarrebourg
Date et horaire : Jeudi 8 octobre 2009 à 20h00
Tarif : Entrée libre
sarreguemines
THEME: Les nouvelles citoyennetés au XXIème siècle
Citoyenneté et citoyen, civisme, citadin…. Tous ces mots désignent des entités différentes, mais sont issus de la même racine, « civitas », la Cité ; la cité, c’est plus que la ville, c’est la société dans son ensemble à une époque où, par force, le regard ne portait guère plus loin que les murs de la ville qu’on habitait.
Après l’éphémère démocratie des grecs et des romains est revenu le temps des rois et des empereurs : il n’y a plus de « citoyens », il y a des sujets – et c’est à l’époque des lumières que la notion de citoyenneté reprend ses droits ; c’est avec fierté que l’on se proclame « citoyen » et qu’on réinvente cette citoyenneté. Et pourtant ce n’est plus du tout la même : le regard porte au delà des remparts, il embrasse la province, voire la nation.
La pratique de la citoyenneté évolue, tout au long des 19e et 20e siècles, avec l’étendue des connaissances, avec le développement des communications, mais aussi avec l’évolution des pensées politiques : Pierre Mendès-France et Michel Debré nous ont donné chacun une définition précise de ce qu’était à leurs yeux la citoyenneté, le moins qu’on puisse dire est qu’elles ne se recouvrent pas !
Qu’en est-il à l’aube du XXIe siècle ? De nouvelles contraintes sont apparues, et surtout l’action politique se déroule dans un paysage nouveau nécessitant une adaptation de nos pratiques. A la citoyenneté nationale se surimpose une citoyenneté européenne, voire mondialiste lorsque les problèmes écologiques sont pris en compte. La toute puissance et l’instantanéité des médias nous conduisent à une autre relation avec l’information, et à d’autres contraintes sur la formation de nos propres jugements. La citoyenneté, qui est la pratique quotidienne de la démocratie, doit évoluer pour permettre effectivement au peuple d’assumer sa souveraineté.
C’est tout le débat de ce soir d’essayer de voir comment accompagner cette mutation.
Lieu : Université Populaire, Sarreguemines
Date et horaire : Jeudi 26 novembre 2009 à 20h00
Tarif : Entrée libre
forbach
THEME: La notion de "bien commun"
« Bien commun » ou « biens communs » : deux notions parfaitement distinctes et pourtant souvent confondues dans l’esprit des gens ; deux notions profondément imbriquées, et présentes au cœur de tout discours politique – et toute controverse –depuis l’origine de la démocratie dans la Grèce antique.
Le Bien Commun est la justification même de l’organisation de la société, à qui il donne un sens. Sa bonne perception, permettant un choix judicieux des priorités et des moyens, est le signe même d’une bonne gouvernance : « Une société qui perd le sens du bien commun est une société condamnée », selon Thucydide. Le bien commun peut éventuellement s’opposer à la vertu individuelle telle qu’elle est fixée par les conventions.
L’existence et la perception des biens communs sont, comme l’œuf et la poule, à la fois une conséquence de l’existence d’une société organisée, et la justification d’une intensification de cette organisation. Ils sont au cœur de l’histoire de la société, avec selon les époques une tendance à la privatisation, donc à la réduction des biens communs – ou des services publics qui sont des biens communs particuliers – ou au contraire une étatisation généralisant la notion de bien commun. Les problèmes qu’ils posent, pour qu’ils soient réellement communs c’est à dire avant tout disponibles pour chacun dans les mêmes conditions, et qu’ils continuent à être disponibles dans le futur, vont en croissant, de l’organisation villageoise par le consensus, à l’organisation nationale par la loi et aujourd’hui par une organisation internationale dont les moyens restent encore à définir : en effet, les problèmes posés dans le futur – tel le défi climatique, qui concerne ces biens communs que sont l’air et l’eau - impliquent l’ensemble de l’humanité, et sont tels que les mesures à prendre seront sans effet si certains acteurs s’en jugent dispensés.
Un débat ne peut en ce domaine que poser le problème, et donner des bases de réflexion. Il peut aussi permettre de définir quelques exigences auprès des responsables politiques, qu’ils soient nationaux ou mondiaux.
Lieu : Université Populaire, Burghoff, Forbach
Date et horaire : Jeudi 18 mars 2010 à 20h00
Tarif : Entrée libre